Trop souvent le “bien vieillir” se conjugue sous la forme d’interdictions, d’obligations et d’admonestations… Comme c’est triste et réducteur !

Le grand philosophe Woody Allen disait que toutes les interdictions qui lui étaient assénés pour l’aider à vivre plus longtemps étaient autant d’ordres qui ne lui donnaient aucune envie de vieillir… Être en vie, c’est avoir des envies… Il faudrait sans doute plutôt parler de “vieillir bien”.

Ou tout simplement évoquer l’avancée en âge où le plaisir, la rencontre, le gout des bons plats, le droit au chocolat auraient droit de cité.


 

 

“Il faudrait sans
doute plutôt parler
de vieillir bien.”

 

 


 

Il m’est arrivé plus d’une fois de participer ou d’organiser des manifestations avec des personnes âgées, et même très âgées, centrées sur le plaisir, la gourmandise, et l’échange.

Je me souviens d’une sorte de petite tournée dans plusieurs établissements où à chaque fois pendant des heures nous avions conversé, échangé, rigolé à propos du chocolat.

J’avais avec moi des chocolats locaux qui permettaient de créer ce lien (ce beau pays de France regorge d’artisans chocolatiers d’exception). Le chocolat offre un excellent support pour créer du lien, de la connivence, de l’empathie. Il faut dire que seulement 2,2% de la population déclare ne pas aimer du tout le chocolat (c’est le sociologue qui se réveille…). Il y a peu de sujets qui puissent produire un tel consensus… Plus généralement, la bonne chaire reste un plaisir parmi les plus sûrs.


“D’où l’importance, d’ailleurs, de disposer d’une cuisine
facile d’accès et adaptée à ses potentialités physiques.”


 

Combien de fois un personne dite âgée m’a convié à découvrir sa recette de gâteau ou son plat favori (ayant décidé de ne plus manger de viande, je dois parfois passer à côté de grandes découvertes !) ou ses secrets de fabrication… Faire de la cuisine pour l’autre, partager une excellente adresse de restaurant ou d’artisan, offrir un produit du terroir ou d’épicerie fine…

À chaque fois, il s’agit d’échange, de joie et de bonne humeur. À chaque fois, je vis cela comme une chance et un privilège.

Une manière d’intergénération joyeuse et heureuse.

 

Je parcours tant et plus le pays pour évoquer la seniorisation de la société, rappeler le rôle social essentiel des seniors, promouvoir l’innovation technologique et sociale dans l’accompagnement des plus âgés, et le soutien aux aidants, redire que les seniors ont un rôle à jouer dans l’entreprise ou pour accompagner le service civique des jeunes…

Là encore, que de rencontres, que de sourires, que de lumières dans les yeux.

C’est important de rappeler que l’on peut discuter, y compris avec des personnes très âgées, sans aborder les questions de santé, de médicaments, de fatigue…

On peut rire, partager des souvenirs, évoquer des perspectives, comparer des expériences, déguster ensemble un bon plat, un dessert ou un verre…


“Encore une fois, ce que je veux retenir, c’est l’échange, le plaisir 
d’être ensemble, la sensation de partager une histoire commune.”


 

 

 

Retrouvez le dernier ouvrage de Serge Guérin, un livre plein d’optimisme sur l’avenir des générations aux éditions Calmann Lévy.